[Réflexion #3] Avoir son propre cheval ?

15 juin 2015

De nombreux cavaliers je pense, rêve d’avoir leur propre cheval, et je ne déroge pas à la règle.

J’ai récemment pu lire ou écouter des témoignages de personnes qui souhaitaient devenir propriétaire le plus rapidement possible. Certains semblaient avoir bien réfléchi à cette éventualité, d’autres un peu moins.
Car oui, l’achat d’un cheval doit être murement réfléchi et le futur propriétaire doit s’être interrogé sur ses capacités à gérer un cheval et les conséquences qu’une telle aventure peut avoir sur sa vie.

Cependant, même les témoignages de certaines personnes pourtant renseignées sur ce sujet m’ont fait me questionner et je me suis demandé si, à l’heure actuelle, je pourrais m’acheter un cheval. Je vous livre dans cet article le bilan de cette réflexion, qui est basée sur quatre points fondamentaux à mon avis.

L’argent, le nerf de la guerre :

Si je le souhaitais, j’aurais actuellement les moyens de m’offrir un cheval et son équipement car j’ai pu mettre un peu d’argent de côté en quatre ans de vie active.
De plus, j’ai la chance d’avoir une situation professionnelle relativement stable (critère indispensable selon moi pour posséder son propre équidé) : je suis fonctionnaire (stagiaire, mais en principe bientôt titulaire), j’ai donc l’assurance d’un salaire jusqu’à ma retraite (en théorie). Ainsi, lorsque j’aurai fixé mon budget et le montant que je pourrai allouer pour mon cheval, je n’aurai pas d’inquiétude à me faire concernant les frais courants qu’il occasionnera (pension, maréchal, vétérinaire, dentiste…).
Cependant, j’estime que je suis encore beaucoup trop juste sur le plan financier. En effet, si je passais une partie de mes économies dans l’achat d’un équidé, je n’aurais plus assez d’argent pour assurer en cas de coups durs : frais vétérinaires importants, voiture qui me lâche (et j’ai réellement besoin d’un véhicule !)…
Par ailleurs, mes allers-retours entre la Drôme et la Savoie génèrent un certain trou dans mon budget : l’équivalent d’un mois de pension. Je sais donc que le jour où on me proposera un poste dans mon département d’origine et que je n’aurai plus à autant prendre la route (et l’autoroute…), je pourrai consacrer ce budget à l’endroit où vivra mon cheval.


A jeune cavalier...

J’ai un niveau plutôt faible, ne nous voilons pas la face. Je monte depuis seulement deux ans, et je suis donc loin d’avoir en main les cartes nécessaires pour travailler correctement un cheval, à moins d’être très bien encadrée.
De plus, si on suit l’adage « A jeune cavalier, vieux cheval et à vieux cavalier, jeune cheval », il me faudrait un cheval d’un âge assez avancé, et qui soit un véritable maître d’école. Mais je souhaite commencer une histoire avec un cheval de 10 ou 12 ans maximum afin de pouvoir (sauf coup dur) profiter suffisamment longtemps de lui. Je n’ai donc actuellement pas le niveau de mes ambitions.


Et c’est le temps qui court :

Avoir un cheval implique qu’il faut disposer de suffisamment de temps pour s’en occuper. Or mon travail m’impose de grosses journées, mais me laisse suffisamment de temps le mercredi après-midi, le week-end, et pendant les vacances scolaires.  En dehors de ces moments, je ne pourrai voir mon compagnon à sabots qu’en coup de vent.

Où t’es, dada où t’es ?

Ce qui m’amène à me poser la question du lieu où je le mettrai en pension : en effet, vous n’êtes pas sans savoir que je suis dans la Drôme pendant le week-end et les vacances, mais en Savoie le reste du temps. Mes deux lieux d’habitation se trouvant à 250km l’un de l’autre, il n’est pas envisageable de placer mon cheval à mi-chemin entre mes deux villes. Du coup, est-ce que je le mets dans la Drôme ou en Savoie ?
Dans le premier département, je ne le verrai que le week-end et pour les vacances mais à chaque fois que j’irai lui rendre visite, j’aurai quelques heures à lui accorder.
Dans le second, je pourrai le voir tous les jours (sauf les samedis et dimanches) mais je n’aurai qu’une après-midi  par semaine pour le faire vraiment travailler et pour prendre le temps de bien m’en occuper. De plus, que se passera-t-il pendant  les vacances scolaires ? Je ne tiens pas à rester deux semaines sans le voir et ce à plusieurs reprises dans l’année. Sans parler des deux mois de vacances d’été.  Je ne vais quand même pas faire déménager mon cheval au mois de juin, puis au mois de septembre….
Il est clair pour moi que si je prends un cheval, ce n’est pas pour m’en occuper qu’une fois ou deux dans la semaine mais pour que je fasse partie intégrante de sa vie et lui de la mienne !

En conclusion :

Il est clair que je ne suis pas encore prête à franchir le pas : je ne veux pas être égoïste et acheter un cheval pour mon petit plaisir en lui imposant des conditions de vie médiocres par manque de moyens, de temps, de connaissances et de capacités… Si je vais le choisir, lui ne me choisira pas vraiment, et il n’aura pas demandé à avoir une propriétaire qui ne peut pas lui offrir tout ce qu’il mérite. Alors même si l’envie est présente, je prends mon mal en patience pour pouvoir offrir au cheval que j’achèterai la meilleure vie possible. (C’est d’ailleurs le cas pour tous les animaux que j’aimerais adopter mais auxquels je ne veux pas imposer mon rythme particulier puisqu’ils n’auront pas demandé à vivre ainsi !)
La question pourra se poser à nouveau lorsque j’aurai une vie personnelle plus posée, que je me serai fixée dans l’un ou l’autre de mes deux départements (l’idéal étant la Drôme bien sûr, près de mes proches, avec des loyers moins élevés… mais je suis soumise à des conditions indépendantes de ma volonté…) et que je n’aurai plus à faire des allers-retours chaque week-end : ceci aura une influence sur mon budget (environ 300€ par mois qui n’iront plus dans les poches des compagnies pétrolières et autoroutières), sur mon temps libre (6 heures de plus par semaine à consacrer à autre chose qu’à ma voiture)…

Et d’ici là, j’aurai pu améliorer mon niveau (enfin je l’espère) puisqu’il me reste au minimum  un an à faire en Savoie et qu’il ne devrait pas y avoir de place libérée dans la Drôme avant 3 ou 4 ans. Ce qui m’amène à mon objectif inavoué : avoir un cheval autour de mes 30 ans. RDV donc dans quelques années pour refaire un point sur le sujet.

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